Une taxe de Pigou? Pourquoi pas?

Le 2 avril 2013, Lord Nicholas Stern, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont convenu d’une chose : les changements climatiques constituent la plus grande menace économique du 21e siècle[1]. L’idée d’une taxe et de dividendes sur le carbone fait de plus en plus de chemin. De plus en plus d’experts politiques, y compris dans les cercles conservateurs, estiment qu’il s’agit là d’une mesure efficace pour corriger les distorsions dans le marché qui font des combustibles fossiles notre source d’énergie dominante.
Plusieurs économistes affirment que le libre marché constitue un arbitre équitable pour déterminer quels biens et quels services sont bénéfiques pour la société. Ce système cesse toutefois de fonctionner lorsque le prix d’un produit ne reflète pas son coût réel pour la société. C’est le cas notamment des combustibles fossiles, puisque leur usage implique des coûts considérables en matière de santé et de sécurité, sans compter les effets néfastes qu’ils provoquent sur l’environnement naturel et leur contribution aux phénomènes météorologiques destructeurs aggravés par le réchauffement planétaire.
Corriger une telle distorsion du marché exige un procédé que les économistes appellent une « taxe de Pigou ». Elle permettrait de stimuler l’efficacité énergétique et de favoriser l’émergence de sources d’énergie propres, en plus de réduire l’utilisation de combustibles à base de carbone.
Selon le Canadien David Frum, ancien rédacteur de discours pour le président George W. Bush : « De nouveaux emplois et de la croissance; une réduction des déficits, sans augmenter l’impôt sur le revenu; des taxes moins élevées pour les familles de la classe moyenne… un instrument peut y parvenir. Comment ne pas aimer l’idée d’une taxe sur le carbone[2]? »
Diana Carney, de Canada 2020, fait partie d’un nombre grandissant de Canadiens progressistes qui présentent des arguments irréfutables justifiant la création d’une taxe sur le carbone. En novembre 2013, à Ottawa, Canada 2020 a tenu sa deuxième conférence sur les changements climatiques, sous le thème The Politics of Climate Change and Climate of Politics[3] (La politique des changements climatiques et le climat politique).
La bonne nouvelle : nous pouvons mettre fin à cette défaillance du marché des combustibles fossiles sans préjudice pour notre économie.
Comment? En redonnant aux Canadiens un mécanisme de taxe et de dividendes sur le carbone.

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[1] Howard Schneider, World Bank chief says global warming threatens the planet and the poorest, The Washington Post, 2 avril 2013 au www.washingtonpost.com/business/economy/world-bank-chief-says-global-warming-threatens-the-planet-and-the-poorest/2013/04/02/caa73842-9ba7-11e2-9a79-eb5280c81c63_story.html (consulté le 8 mars 2014).
[2] David Frum, “A tax we could learn to love,” CNN, 3 décembre 2012, http://www.cnn.com/2012/12/03/opinion/frum-tax-energy/ (consulté le 8 mars 2014).
[3] Canada 2020, “The politics of climate, and the climate of politics,” Canada 2020, http://canada2020.ca/event/the-politics-of-climate-and-the-climate-of-politics-in-canada/ (consulté le 8 mars 2014).